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Fin de support Windows 10 : ce que vous risquez vraiment et vos 3 options

Windows 10 n’est plus un système supporté depuis le 14 octobre 2025. Le seul moyen officiel de continuer à recevoir des mises à jour de sécurité sur un ordinateur resté sous Windows 10 est le programme ESU, dont la couverture grand public court désormais jusqu’au 12 octobre 2027.

Le reste est une question d’arbitrage : payer la prolongation, faire la mise à niveau vers Windows 11, ou changer de matériel. Les trois options n’ont ni le même coût ni la même durée de vie.

Points clés

  • La fin du support technique de Windows 10 est effective depuis le 14 octobre 2025, pour les éditions Famille, Professionnel, Éducation et Stations de travail en version 22H2.
  • Le programme ESU grand public a été prolongé d’un an en juin 2026 : la couverture va maintenant jusqu’au 12 octobre 2027.
  • Dans l’Espace économique européen, l’inscription est sans frais, à condition d’utiliser un compte Microsoft. Ailleurs, il faut soit synchroniser les paramètres du PC, soit dépenser 1 000 points Microsoft Rewards, soit payer 30 dollars.
  • Une licence ESU grand public couvre jusqu’à 10 appareils rattachés au même compte Microsoft.
  • Se déconnecter de son compte Microsoft coupe les mises à jour ESU au bout de 60 jours maximum.
  • Le programme ESU commercial est payant, séparé, et va jusqu’en 2028 avec un tarif par appareil qui double chaque année.
  • ESU ne fournit que les correctifs de sécurité critiques et importants. Aucune nouvelle fonctionnalité, aucun support technique.

Ce qui s’est réellement arrêté le 14 octobre 2025

L’ordinateur n’a pas cessé de fonctionner ce jour-là, et c’est précisément ce qui rend la situation confuse. Windows 10 démarre, les applications s’ouvrent, Windows Update tourne encore. Ce qui s’est arrêté, c’est la production de correctifs par Microsoft.

Concrètement, trois choses disparaissent en même temps selon l’annonce de fin de support publiée par Microsoft : les mises à jour de sécurité, les mises à jour non liées à la sécurité, et le support technique. Un utilisateur qui contacte Microsoft après cette date est renvoyé vers la mise à niveau ou vers l’achat d’un nouvel ordinateur.

La version concernée est Windows 10 22H2, publiée en septembre 2022, ainsi que les éditions LTSB de 2015. Les éditions LTSC plus récentes suivent leur propre calendrier de cycle de vie, plus long, ce qui explique une partie des malentendus sur le sujet.

Ce que vous risquez concrètement sans mises à jour

Le risque n’est pas immédiat, il est cumulatif. Chaque mois, Microsoft publie des correctifs pour des failles découvertes dans le système d’exploitation. Un ordinateur Windows 10 non inscrit à l’ESU ne les reçoit plus, mais les vulnérabilités, elles, sont documentées publiquement le jour de la publication du correctif.

Autrement dit, chaque Patch Tuesday devient une carte routière pour attaquer les machines restées en arrière. Les virus et programmes malveillants qui visent Windows 10 profitent d’un système qui ne se répare plus. Sur un poste isolé, le risque reste théorique quelques mois. Sur un poste qui navigue, reçoit des pièces jointes et se connecte à un réseau partagé, il augmente vite.

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Un antivirus ne compense pas. Il détecte des charges connues, il ne rebouche pas une faille dans le noyau ou dans le pilote graphique. Même logique pour un VPN : il chiffre la liaison, il ne corrige rien sur l’appareil.

Le risque porte aussi sur les données. Un poste compromis expose les fichiers locaux, les identifiants enregistrés dans le navigateur et, par rebond, les partages réseau accessibles depuis cette session. Sur un ordinateur familial, ce sont les documents personnels ; sur un poste de PME, c’est une partie du système d’information.

Deuxième effet, plus lent : les éditeurs tiers alignent leurs propres fins de support sur celle de Microsoft. Les navigateurs, les suites bureautiques et les logiciels métier cessent progressivement de tester leurs nouvelles versions sur un système d’exploitation abandonné.

Option 1 : rester sur Windows 10 avec le programme ESU

Le programme Extended Security Updates est la seule prolongation officielle. Il donne accès aux correctifs de sécurité classés critiques et importants par le Microsoft Security Response Center, et à rien d’autre : pas de nouvelles fonctionnalités, pas de correction de bugs demandée par un client, pas de support technique général.

La page officielle du programme ESU détaille les prérequis. L’ordinateur doit exécuter Windows 10 version 22H2 en édition Famille, Professionnel, Pro Éducation ou Stations de travail, avoir les dernières mises à jour installées, et le compte utilisé doit être un compte administrateur.

Trois chemins d’inscription existent. La sauvegarde des paramètres du PC sur le compte Microsoft, l’échange de 1 000 points Microsoft Rewards, ou l’achat unique à 30 dollars hors taxes. Pour les utilisateurs situés dans l’Espace économique européen, l’accès est ouvert sans ces contreparties, après une décision prise sous la pression des associations de consommateurs européennes.

Le piège est ailleurs. La licence ESU est attachée au compte Microsoft utilisé pour l’inscription, et il faut continuer à ouvrir sa session Windows avec ce compte. Microsoft prévient qu’en cas d’absence de connexion, les mises à jour ESU sont interrompues au bout d’une période pouvant aller jusqu’à 60 jours. Les partisans du compte local n’ont donc qu’une porte : l’achat à 30 dollars, qui autorise le maintien d’une session locale.

Il faut aussi comprendre ce que l’ESU ne fait pas. Aucune nouvelle fonctionnalité n’arrive, aucune fonction existante n’est améliorée, et les correctifs de confort ne sont plus produits. Les solutions de contournement documentées restent votre seul recours en cas de bug d’utilisation. C’est un maintien sous perfusion, pas une nouvelle version du système.

L’inscription se fait depuis Windows Update, via une notification qui apparaît quand l’appareil est éligible. Elle reste possible à tout moment jusqu’à la fin du programme, mais une machine non inscrite reste exposée entre-temps.

Schema comparant le programme ESU, la mise a niveau vers Windows 11 et le changement de materiel ou de systeme
Les trois options ouvertes a un poste reste sous Windows 10, avec leurs echeances respectives.

Option 2 : passer à Windows 11 sur le même ordinateur

C’est l’option la moins chère quand la machine passe la barre. La mise à niveau depuis Windows 10 22H2 est gratuite et conserve fichiers et applications, à condition que l’ordinateur soit compatible avec la configuration minimale requise.

Cette configuration est plus stricte qu’on ne le croit : processeur 64 bits d’une génération figurant sur les listes Intel, AMD et Qualcomm validées par Microsoft, 4 Go de mémoire, 64 Go de stockage, démarrage sécurisé UEFI et module TPM 2.0. La liste complète des exigences système est publiée par le support Microsoft.

Le service informatique d’une PME a intérêt à faire ce test de compatibilité sur l’ensemble du parc avant d’acheter quoi que ce soit : la répartition entre postes compatibles et postes à remplacer change complètement le budget. L’application Contrôle d’intégrité du PC donne le verdict, mais elle est parfois trompeuse : beaucoup d’ordinateurs Lenovo, HP ou Dell de 2018 embarquent un TPM désactivé dans le firmware, ce qui les fait passer pour incompatibles alors qu’une case à cocher suffit. Sur les cartes mères Intel la fonction s’appelle souvent PTT, sur les cartes AMD fTPM.

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Quand la machine reste hors des clous côté processeur, des contournements existent, avec les limites que cela implique. Ils sont détaillés dans notre guide sur l’installation de Windows 11 sur un PC non compatible.

Option 3 : changer de matériel ou changer de système

Un ordinateur de plus de huit ans qui rame déjà sous Windows 10 ne deviendra pas agréable sous Windows 11. À ce stade, la question n’est plus la sécurité, c’est le remplacement.

L’autre voie consiste à garder la machine et à changer de système d’exploitation. Une distribution Linux grand public comme Ubuntu ou Linux Mint tourne sans difficulté sur du matériel refusé par Windows 11, avec un navigateur, une suite bureautique et des mises à jour de sécurité maintenues. Fedora vise plutôt les utilisateurs à l’aise avec les nouveautés fréquentes.

La limite est connue : les logiciels Windows spécialisés, les périphériques à pilote propriétaire et certains outils métier ne suivent pas. Pour un poste de navigation, de courriel et de bureautique, la bascule tient la route. Pour un poste de production équipé d’un logiciel maison, elle est rarement réaliste.

Avant de trancher, listez les applications réellement utilisées et vérifiez lesquelles sont disponibles sous Linux, lesquelles ont un équivalent en ligne, et lesquelles n’ont aucune solution de remplacement. Les suites bureautiques et les outils de retouche ont des alternatives compatibles solides ; les logiciels de comptabilité et les utilitaires de pilotage de matériel informatique en ont rarement. Ce recensement prend une heure et évite une migration ratée.

Sauvegarder vos fichiers avant toute bascule

Aucune des trois options ne se lance sans sauvegarde. Une mise à niveau vers Windows 11 conserve normalement les données, mais un disque système vieillissant choisit rarement le bon moment pour lâcher, et une migration vers Linux efface la partition.

La règle la plus simple reste la règle 3-2-1 : trois copies des fichiers importants, sur deux supports différents, dont une hors du domicile ou du bureau. Un disque externe couvre le gros du volume, un espace de stockage en ligne couvre les documents actifs et reste disponible depuis n’importe quelle connexion internet.

Pensez aussi à ce qui ne se trouve pas dans le dossier Documents : les favoris et mots de passe du navigateur, les profils de messagerie, les clés de licence des logiciels, les modèles Office. Ce sont ces informations éparpillées qui coûtent une journée de travail quand elles manquent après une réinstallation. Un rappel utile sur la protection des comptes est disponible dans notre guide pour sécuriser ses comptes internet.

Le cas des entreprises et des parcs gérés

Les règles grand public ne s’appliquent pas au parc d’une PME. Un poste joint à un domaine Active Directory, inscrit à Microsoft Entra ou piloté par une solution de gestion des appareils mobiles est exclu de l’ESU grand public, y compris de sa version sans frais.

Pour ces appareils, le programme ESU commercial documenté sur Microsoft Learn prend le relais : abonnement annuel payant, activable pendant trois ans au maximum, donc jusqu’en octobre 2028, avec un tarif par appareil qui double à chaque année supplémentaire. La mécanique est volontairement dissuasive, elle sert à financer une transition, pas à la remplacer.

Côté bureautique, Microsoft a annoncé dans sa communication sur la transition vers Windows 11 que les applications Microsoft 365 continueraient de recevoir des mises à jour de sécurité sur Windows 10 pendant trois ans après la fin du support. Les versions Office LTSC, elles, suivent leur propre cycle de vie et ne bénéficient d’aucune extension particulière.

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Dans les faits, beaucoup de PME arbitrent poste par poste : les machines qui n’exécutent qu’Office et un navigateur partent en dernier, celles qui hébergent des données sensibles passent en premier. Les solutions de virtualisation et les postes Windows 365 servent de tampon quand un logiciel métier bloque la migration, mais leurs fonctionnalités ont un coût mensuel qu’il faut comparer au prix d’un remplacement.

Un dernier réflexe d’hygiène réseau : tant que des postes Windows 10 non inscrits restent en service, isolez-les du reste du réseau. La méthode est décrite dans notre article sur la segmentation par VLAN en PME. L’ANSSI recommande la même logique de cloisonnement dans ses recommandations relatives à l’administration sécurisée des systèmes d’information.

Comment vérifier où en est votre ordinateur

Quatre vérifications suffisent à savoir dans quelle case vous êtes, et donc quelles options restent disponibles sur votre ordinateur.

  1. La version installée. Touche Windows, puis winver. La fenêtre doit afficher Version 22H2. En dessous, aucune inscription ESU n’est possible tant que la mise à jour n’est pas passée.
  2. L’édition. Paramètres, Système, Informations système. Famille, Professionnel, Pro Éducation ou Stations de travail donnent accès à l’ESU grand public. Entreprise et Éducation relèvent du programme commercial.
  3. L’état de l’inscription. Paramètres, Mise à jour et sécurité, Windows Update. La bannière d’inscription à l’ESU apparaît sur les appareils éligibles et à jour.
  4. La compatibilité Windows 11. L’application Contrôle d’intégrité du PC indique le point de blocage. TPM, démarrage sécurisé et génération de processeur sont les trois causes de refus les plus fréquentes. Les processeurs compatibles sont listés par Microsoft, fabricant par fabricant.

Si le PC refuse de démarrer normalement pendant ces vérifications, passez d’abord par le mode sans échec pour stabiliser la machine avant toute mise à niveau.

Schema listant les quatre verifications a faire sur un ordinateur Windows 10 : version, edition, inscription ESU et compatibilite
Les quatre verifications qui determinent quelles options restent disponibles sur votre ordinateur.

Questions fréquentes

Mon PC sous Windows 10 va-t-il s’arrêter de fonctionner ?

Non. Le système continue de démarrer et les applications de s’ouvrir. Seules les mises à jour de sécurité, les mises à jour non critiques et l’assistance technique de Microsoft s’arrêtent. La dégradation est progressive, pas immédiate.

L’ESU est-il vraiment gratuit en France ?

Oui pour un usage personnel, à condition d’ouvrir sa session Windows avec un compte Microsoft et de continuer à s’y connecter. Cette gratuité s’applique aux utilisateurs de l’Espace économique européen. Elle ne concerne pas les appareils gérés par une entreprise.

Que se passe-t-il après le 12 octobre 2027 ?

La couverture ESU grand public prend fin à cette date. Microsoft l’a déjà repoussée une fois, en juin 2026, mais construire un plan sur l’hypothèse d’un nouveau report revient à parier sur une décision commerciale. Deux ans, c’est le temps d’amortir un remplacement de matériel, pas de l’oublier.

Puis-je installer Windows 11 sur un ordinateur non compatible ?

Techniquement oui, plusieurs méthodes permettent de forcer l’installation. Microsoft précise que ces appareils ne sont pas garantis pour recevoir les mises à jour, y compris les mises à jour de sécurité. C’est une solution de sursis, à réserver aux postes secondaires.

Office et Microsoft 365 fonctionnent-ils encore sous Windows 10 ?

Les applications Microsoft 365 continuent de recevoir des mises à jour de sécurité sur Windows 10 pendant trois ans après la fin du support. En revanche, aucune nouvelle fonctionnalité n’y est ajoutée et les versions Office LTSC suivent leur propre cycle de vie. En cas de problème d’utilisation, le support Microsoft renvoie vers Windows 11.

Une licence ESU couvre-t-elle plusieurs ordinateurs ?

Une licence ESU grand public s’applique à un maximum de dix appareils rattachés au même compte Microsoft. C’est la réponse la plus simple pour un foyer équipé de plusieurs machines restées sous Windows 10.

Photo d’en-tête : 鳞飞羽, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (interface en chinois, l’avertissement est identique en français).
Sources : Microsoft Learn, fin de support de Windows 10 · Microsoft, mises à jour de sécurité étendues · Microsoft Learn, programme ESU · Support Microsoft, configuration requise pour Windows 11 · Windows Experience Blog · ANSSI, administration sécurisée des SI

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