Un PC qui plante au hasard, des écrans bleus sans code stable et des fichiers qui se corrompent tout seuls : la mémoire physique fait partie des trois premières pistes à écarter. Windows embarque pour cela l’outil Diagnostic de la mémoire Windows, suffisant pour lever un doute, et MemTest86 prend le relais quand il faut une preuve solide.
Points clés
- L’outil intégré s’ouvre en tapant Mémoire dans la recherche Windows puis en choisissant « Diagnostiquer les problèmes de mémoire de votre ordinateur ».
- Le test intégré tourne avant le chargement de Windows, après un redémarrage, et écrit son verdict dans l’Observateur d’événements.
- MemTest86 11.7 build 1000 est la version courante, en édition gratuite et en édition Pro, et démarre depuis une clé USB de plus de 1 Go.
- Depuis la version 11.7, MemTest86 ne démarre plus qu’en UEFI : les machines à BIOS hérité doivent utiliser la branche V4.
- Un seul octet en erreur suffit à condamner une barrette. Un test qui passe, lui, ne prouve rien sur une seule passe.
Quand tester la mémoire, et quand ne pas perdre son temps
Tester la RAM a du sens quand les symptômes sont erratiques. Plantages sur des applications différentes, écrans bleus dont le code d’arrêt change à chaque fois, corruption de fichiers d’archive, plantage pendant l’installation de Windows : ce sont les cas typiques. Microsoft renvoie explicitement vers l’outil de diagnostic mémoire dans sa documentation des codes d’arrêt MEMORY_MANAGEMENT et PAGE_FAULT_IN_NONPAGED_AREA, en citant la RAM défectueuse parmi les causes matérielles possibles.
À l’inverse, un plantage toujours reproduit au même endroit dans le même logiciel, une lenteur constante ou un écran bleu qui affiche toujours le même nom de pilote pointent vers le logiciel, pas vers les barrettes. Dans ces cas, le test mémoire consomme des heures pour rien.

Méthode 1 : l’outil Diagnostic de la mémoire Windows
C’est le point de départ, parce qu’il ne demande ni téléchargement ni clé USB. Dans la zone de recherche, tapez Mémoire, puis sélectionnez « Diagnostiquer les problèmes de mémoire de votre ordinateur ». Windows propose de redémarrer immédiatement ou de reporter le test au prochain démarrage. Le programme se lance ensuite hors du système, sur un écran bleu clair, et déroule ses passes en affichant l’état d’avancement.
L’outil accepte des réglages accessibles par la touche F1 pendant le test : jeu de tests de base, standard ou étendu, activation du cache, et nombre de passes. Le jeu étendu est nettement plus long mais détecte des défauts que le mode standard laisse passer. Sur un doute sérieux, c’est ce mode qu’il faut retenir, quitte à lancer le test en fin de journée.
Une fois Windows revenu, le résultat n’apparaît pas toujours sous forme de notification. Il se lit dans l’Observateur d’événements, journaux Windows, Système, en filtrant sur la source MemoryDiagnostics-Results. L’événement indique si des erreurs matérielles ont été détectées. Cette lecture est le seul moyen fiable de récupérer un verdict raté à la reconnexion.
Méthode 2 : MemTest86 sur clé USB
MemTest86 est un programme autonome qui n’utilise aucun système d’exploitation pour s’exécuter. La version de Windows, de Linux ou de macOS installée sur la machine testée n’a donc aucune importance, mais il faut un de ces systèmes pour préparer la clé USB de démarrage.
La page de téléchargement officielle publie la version 11.7 build 1000, en édition gratuite et en édition Pro payante, dans une archive d’environ 12 Mo contenant les binaires x86, x86-64 et ARM64. Deux limites techniques sont indiquées noir sur blanc par l’éditeur : les images 11.7 ne démarrent qu’en UEFI, et les Mac à puce Apple Silicon ne sont pas pris en charge. Sur un vieux poste en BIOS hérité, il faut passer par la branche V4, toujours mise à disposition en téléchargement.
La marche à suivre tient en quatre gestes : créer la clé avec l’utilitaire fourni, désactiver le démarrage sécurisé si le micrologiciel refuse l’image, démarrer sur la clé depuis le menu de boot, puis laisser tourner. Une passe complète sur 16 Go de mémoire demande souvent plus d’une heure. Le nombre d’erreurs s’affiche en rouge dès la première détection, avec l’adresse concernée.
Combien de passes, et comment lire le résultat
Une erreur détectée est une certitude : la mémoire, la carte mère ou le réglage de fréquence est en cause. Zéro erreur après une seule passe ne prouve rien, parce que certains défauts n’apparaissent qu’après une montée en température ou sur un motif de données précis. La pratique courante consiste à laisser le test tourner quatre passes complètes, soit une nuit sur la plupart des configurations.
Trois résultats possibles, trois suites différentes.
- Erreurs dès les premières minutes : matériel à traiter, inutile d’aller plus loin.
- Erreurs après plusieurs passes seulement : défaut marginal, souvent lié à la chaleur ou à un profil de fréquence trop agressif.
- Aucune erreur sur quatre passes : la mémoire est probablement saine, l’enquête repart vers les pilotes et le stockage.

Isoler la barrette fautive
Un test qui remonte des erreurs ne dit pas quelle barrette est morte. La méthode est mécanique, dans cet ordre.
- Machine éteinte et débranchée, retirez toutes les barrettes sauf une, puis relancez le test. Répétez avec chaque module, dans le même emplacement.
- Si toutes les barrettes échouent dans le même emplacement mais passent ailleurs, c’est le slot de la carte mère qui est en cause.
- Si les erreurs disparaissent avec un profil de mémoire par défaut, le problème est un réglage de fréquence trop ambitieux, pas une barrette défectueuse.
- Contrôlez enfin la compatibilité du kit avec la carte mère sur la liste officielle du fabricant, surtout en configuration à quatre modules.
Cette séquence prend du temps, mais elle évite de remplacer un kit complet quand un seul module est fautif.
Les pièges qui faussent un test mémoire
Trois situations produisent de faux verdicts. Un profil de mémoire haute fréquence activé dans le micrologiciel fait échouer un kit parfaitement sain : il faut tester en réglages par défaut. Une machine encrassée qui chauffe fait apparaître des erreurs qui disparaissent après nettoyage du dissipateur. Enfin, un test lancé sur une machine avec une alimentation défaillante remonte des erreurs mémoire alors que le défaut est ailleurs.
L’outil de Windows, lui, souffre d’une limite propre : il se termine parfois sans laisser de notification visible, et l’utilisateur en conclut que tout va bien. Le passage par l’Observateur d’événements reste obligatoire pour trancher.
FAQ
Le test mémoire de Windows peut-il abîmer les données ?
Non. Le test lit et écrit dans la mémoire volatile, pas sur le disque. Un arrêt brutal pendant un test, en revanche, reste un arrêt brutal : mieux vaut fermer proprement les documents ouverts avant de lancer le redémarrage.
Faut-il payer MemTest86 pour un diagnostic de particulier ?
L’édition gratuite suffit pour détecter des barrettes défectueuses. Les éditions payantes visent les ateliers et les entreprises, avec des fonctions de rapport et d’automatisation, et une licence de site existe pour un usage illimité en société.
Que faire si MemTest86 refuse de démarrer ?
Dans la quasi-totalité des cas, la machine est en BIOS hérité alors que les images 11.7 exigent l’UEFI, ou le démarrage sécurisé bloque l’image. La branche V4 de MemTest86 répond au premier cas, la désactivation temporaire du démarrage sécurisé au second.
Combien de temps faut-il prévoir ?
Le test standard de Windows dure généralement moins d’une heure, le mode étendu beaucoup plus. Sur MemTest86, la durée dépend de la quantité de mémoire installée et du nombre de passes demandées : une nuit complète est le réglage le plus courant pour un diagnostic sérieux.
Un test propre exclut-il définitivement la mémoire ?
Il rend la piste peu probable, sans l’annuler. Un défaut intermittent peut échapper à plusieurs passes. Quand tout le reste a été écarté et que les plantages continuent, un essai avec des barrettes connues comme saines reste la seule preuve directe.
Pour aller plus loin
Le test mémoire s’insère dans une enquête plus large. Le guide des écrans bleus Windows par code d’arrêt donne le contexte, l’article sur la RAM défectueuse détaille les symptômes à repérer avant de tester, celui sur l’écran bleu MEMORY_MANAGEMENT traite le code d’arrêt le plus souvent associé, et la méthode d’analyse d’un fichier minidump permet de savoir quel pilote était actif au moment du plantage.
Photo d’en-tête : « 2*8Go DDR4 Corsair », par Bretwa, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Sources : Microsoft Learn, bug check 0x50 PAGE_FAULT_IN_NONPAGED_AREA · Microsoft Learn, bug check 0x1A MEMORY_MANAGEMENT · MemTest86, page de téléchargement officielle · Microsoft, options de démarrage avancées de Windows. Consultées le 11 septembre 2026.

Michel, dirigeant d’une PME informatique et formateur, expert en logiciels professionnels tels que CRM et ERP. Sa connaissance approfondie des outils de gestion d’entreprise lui permettant de conseiller et former efficacement d’autres sociétés à leur utilisation.





